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Cette partie du site est consacrée à la présentation des
extraits des historiques des régiments ayant combattu en Italie. Seule
la "période italienne" des historiques est présentée. Pour lire les historiques
dans leur intégralité, cliquez ici.
Extrait de l'historique du 11ème Bataillon de Chasseurs
Alpins
Trois jours d’un voyage splendide à travers
la France de l’Est,
les monts de la Savoie natale, ont mené nos chasseurs en pleine
Lombardie. Ils débarquent à Lonato,
le 7 novembre, y séjournent une semaine, avant de partir vers la
Vénétie envahie. L’automne dore la région sous
le beau soleil du Midi. Comme on respire mieux cet air tiède et léger
que l’atmosphère humide et opaque du Nord ! Les yeux s’ouvrent
et s’émerveillent. Des hauteurs dominant la nappe d’azur
et d’argent que déroule le lac de Garde, on aperçoit
de tous côtés des villages aux noms illustres entre tous
: Rivoli, Lotano, Castiglione, Solferino ; plus loin, Vérone,
sur l’Adige et ce minuscule ruisseau que franchit
le Pont d’Arcole… Oh, les souvenirs qu’ils évoquent,
la gloire de notre passé, l’épopée napoléonienne,
les vertus de nos ancêtres ! Et ici, devant le pays lumineux qui
garde pieusement sous les cyprès penchés les ossuaires de nos
morts, chacun tressaille et se recueille, et jure qu’il sera digne
de ses Aînés !... N’est-ce point le plus pur hommage à rendre à nos Héros tombés ?
Alors, la division repart pour se joindre aux Anglais au-delà de
Vicence. En deux bonds, l’un sur la Brenta, l’autre
la portant jusqu’à la Piave, elle arrive
au secours des soldats italiens épuisés… Il est temps.
Les bataillons alpins occupent le secteur devant le Mont Tomba. Le
11ème, à leur
droite, est au Monfenera dominant
la rivière… Et l’ennemi partout, tient les bons champs
de tir, les observatoires, les crêtes… Cette position inférieure
est loin d’être du goût de nos hommes
furieux. Aussi, décide-t-on de réagir de suite. Un
bombardement formidable écrase l’organisation défensive
qu’on nous oppose. Et le 30 décembre, à quatre heures
du soir, notre attaque se développe. En un clin d’oeil,
tout est fini. Le bataillon a mis en ligne deux sections ; elles prennent
leurs objectifs et capturent presque sans pertes 155 soldats hongrois avec
trois de leurs mitrailleuses. Ce coup d’épaule formidable
arrêt net l’avance
des Impériaux et rétablit tout l’équilibre un
instant si fort compromis de notre front de Vénétie.
Ainsi, nous savons rendre aux voisins généreux l’aide
qu’ils nous ont apportée. Et leur reconnaissance est
grande envers ces frères
transalpins dont la plupart ont dans le coeur le même sang vif,
net, brûlant… Les chasseurs sont fêtés
dans leurs cantonnements. Et par un jour clair de printemps, sous
un ciel latin sans nuage, le roi Victor-Emmanuel, à pied
devant ces montagnards, leur a dit simplement « Merci ».
A quelques-uns, il a remis des récompenses
bien méritées.
L’Autrichien calmé se tien coi. Mais des bruits alarmants
nous arrivent de France où les Anglais ont reculé sous
une poussée allemande. Adieu, charmants villages
dans la campagne parfumée. Adieu, plaine riche et fertile,
adieu, mûriers, pins et cyprès, adieu jardins, adieu
vin capiteux qu’on aimait voir pétiller au soleil… Nous repartons
vers le Nord et ses brouillards gluants et sombres… Votre
souvenir nous suivra pour illuminer aux moments les plus noirs. C’est
sur ce plateau d’Asiago, sur lequel nous venons à peine
d’arriver que l’ordre impérieux du retour nous arrache aux méditations et nous bouscule jusqu’au train.
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