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Le sous-marin Foucault, de type Brumaire, eut le triste privilège d'être
le premier sous-marin a être coulé suite à une attaque aérienne.
Construit à Cherbourg entre 1907 et 1914,
il s'agissait d'un sous-marin de haute mer, en service dans l'Adriatique
au moment de sa perte.
A. Thomazi, dans son ouvrage "La guerre
navale dans l'Adriatique" (pp.130-131), relate sa fin :
« Celui-ci se trouvait, le 15 septembre, en plongée à dix
milles de Cattaro, par très beau temps et mer calme, quand il ressentit
coup sur coup plusieurs explosions dont une très violente : c’étaient
les bombes d’un avion qui avait aperçu sa coque à travers
l’eau transparente, et que l’officier de veille au périscope
n’avait pas vu venir. Le sous-marin n’en aurait pas souffert,
si un petit presse-étoupes, placé au-dessus des moteurs électriques
et enfoncé par l’explosion n’avait pas laissé entrer
un peu d’eau : le court-circuit qui en résulta produisit l’extinction
de l’éclairage et un commencement d’incendie.
Aussitôt après les explosions, le lieutenant de vaisseau Devin,
commandant, a ordonné de plonger profondément ; le bâtiment
descend jusqu’à 75 mètres er sa coque résiste à la
pression ; puis des manœuvres exécutées avec le plus grand
sang-froid le font remonter à 25 mètres. Pendant une demi-heure,
on essaie d’étendre le feu, d’aveugler la voie d’eau
et de remettre les moteurs en marche : mais c’est en vain, et le commandant,
voyant tous les efforts inutiles, fait remonter le Foucault en surface.
Trois hydravions volent à faible altitude et lancent de nouvelles
bombes qui tombent près du bord ; la mitrailleuse montée sur
le pont les oblige à s’éloigner. Mais le sous-marin n’a
plus aucun moyen de marcher électriquement, et ne peut lancer ses
moteurs à pétrole sans électricité. Le commandant
prend alors toutes les dispositions pour faire sauter le bâtiment,
lâche les pigeons (qui du reste n’arrivent pas à Brindisi),
fait ouvrir les prises d’eau et évacuer l’équipage,
et quitte lui-même, le dernier, le sous-marin qui coule et explose.
Les hommes sont recueillis par les hydravions et un torpilleur les conduit à Cattaro
où les marins du Sankt Georg, presque tous Triestins ou Dalmates,
leur font le plus cordial accueil. »

Article relatant la fin du Foucualt
publié dans le journal autrichien Die Neue Zeitung (édition du
23 septembre 1916) (source : anno.onb.ac.at/)
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